Le ver est dans la pomme du vivre-ensemble
« Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. » — George Orwell, La ferme des animaux
Cette réflexion fait suite à l’invitation des dirigeants du Parti québécois d’entamer un dialogue avec les citoyens du Québec sur son livre bleu. Il faut reconnaître qu’il s’agit d’un document remarquable qui cherche à éclairer le débat sur plusieurs enjeux liés au projet d’indépendance du Québec. C’est tout à l’honneur de ses auteurs.
Nous aimerions attirer l’attention sur le chapitre 21 de ce livre. Ses pages abordent notamment les droits des minorités culturelles dans un Québec indépendant. Nous tenons à signaler quelques problèmes avec l’approche qui y est préconisée. Jusqu’ici, ces failles sont passées inaperçues, le sujet ayant été abordé à l’avant-dernier chapitre d’un imposant document.
En criminologie, on définit une situation sociale par quatre qualificatifs : désirable, neutre, tolérable et problématique. Ainsi, on aspire à des relations de bon voisinage, on accepte la consommation modérée d’alcool, on est indulgents envers un certain dépassement des limites de vitesse sur la route et on proscrit les actes criminels.
De nos jours, toutes les sociétés occidentales composent avec la diversité culturelle, selon leurs valeurs. Le PQ situe cette diversité dans une zone de tolérance sociale au Québec. Or, la tolérance implique qu’on est prêts à faire preuve d’indulgence face à une situation envers laquelle on éprouve un certain inconfort, une certaine ambivalence. Pourquoi y fait-on référence ?
La position du PQ concernant les minorités culturelles se décline à deux niveaux. Le premier, d’ordre politique et juridique, s’appuie sur la Charte des droits et libertés de la personne et sur un ensemble de lois québécoises. Le deuxième est d’ordre social et s’organise autour d’une politique particulière de gestion de la diversité culturelle.
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