Éducation : il n’est pas trop tard, Monsieur Milliard
Le nouveau chef du Parti libéral du Québec a annoncé qu’il était favorable à la tenue d’états généraux en éducation. En contrepartie, Charles Milliard a aussi affirmé qu’il n’avait pas l’intention d’agir sur l’école à trois vitesses. Des propos qui se sont d’ailleurs reflétés dans ses réponses aux questions de Guy A. Lepage lors de sa récente présence à l’émission Tout le monde en parle.
Pourtant, il n’y a plus d’acceptabilité sociale pour le modèle actuel de sélection des élèves en fonction de leur provenance socio-économique.
Tout récemment, Debout pour l’école lançait son livre blanc en éducation avec, comme première revendication : un réseau scolaire commun favorisant l’équité pour tous nos jeunes. Et ce travail est le fruit d’une magistrale démarche de consultation citoyenne, 4500 Québécoises et Québécois y ayant participé et de nombreux forums citoyens ayant été organisés un peu partout au Québec.
Un autre mouvement citoyen, École ensemble, a élaboré un plan rigoureux pour mettre fin à la ségrégation scolaire et renouer avec le grand objectif d’égalité des chances en éducation. Soulignons ici à grands traits qu’en 2025, les Québécoises et les Québécois se sont exprimés à 85 % en faveur d’un réseau scolaire commun basé sur l’équité et inspiré du modèle finlandais, une proportion qui augmente même à 89 % chez les parents d’enfants d’âge scolaire, et ce, dans un sondage CROP rendu public en février de cette même année.
Sans parler du livre percutant, brillant et bien documenté de Christophe Allaire Sévigny, qui est paru en octobre dernier et qui fait déjà l’objet d’une deuxième réimpression. Un livre qui s’inscrit tout à fait dans les pas de notre grand Guy Rocher, qui n’a eu de cesse de s’indigner de l’état dans lequel se retrouve aujourd’hui notre système scolaire, un système qui se montre à nouveau profondément rongé par les inégalités.
Que nous dit donc le nouveau chef du Parti libéral ? Qu’il n’entendra pas autant de Québécoises et de Québécois ? Qu’il n’est pas préoccupé par les inégalités scolaires ? Qu’il tiendra des états généraux dont les dés sont pipés ?
Il n’est pas trop tard, Monsieur Milliard.
Vous pouvez tout mettre sur la table en éducation et élaborer un programme qui prendra en compte les besoins de tous nos jeunes. Ne croyez-vous pas qu’ils aimeraient tous pouvoir compter sur vous ?
