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Il faut résister à la liquidation de la littérature

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04.10.2026

Nous assistons à la liquidation en direct de la littérature par la machine. Et ce n’est pas Thélyson Orélien qui est principalement en cause ; nous n’avons pas la preuve irréfutable qu’il ait utilisé l’intelligence artificielle (IA). C’est, de toute manière, encore ironiquement à une machine qu’il a été demandé d’en juger ! Non, les responsables véritables, ce sont les nombreux commentateurs (dont certains universitaires) qui prennent la parole ces derniers jours et qui, pour une bonne part, minimisent et banalisent ce qui est en train de se produire : la phagocytation générale de la culture par l’IA.

On nous rassure en prétendant que c’est que ce n’est pas très grave d’écrire avec l’IA, que la notion d’auteur a toujours été une construction, que ni les idées ni les mots n’appartiennent à personne, au fond. Qu’à la Renaissance, de Vinci ou Le Titien avaient des ateliers où œuvraient pour eux une foule de gens, que l’IA travaille à la base avec du contenu humain. Qu’écrire avec une plume d’oie, c’était déjà subir une contrainte technologique. Finalement, tout cela ne serait en rien différent du travail de l’éditeur qui intervient sur le texte. Et chacun de reconnaître, sourire en coin, y avoir lui-même recours pour organiser ses idées ou son texte, puisque c’est bien pratique…

Dans la frénésie de publication déclenchée par cette triste histoire, le fait que nous remplacions un geste humain par........

© Le Devoir