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Le «syndrome arctique»

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19.08.2026

« Je veux montrer dans ces lignes que, dans le cas particulier du Nord-Africain émigré en France, une théorie de l’inhumanité risque de trouver ses lois et ses corollaires. »

Frantz Fanon publie « Le syndrome nord-africain » dans la revue Esprit, en 1952, alors qu’il vient de soutenir sa thèse en psychiatrie à Lyon et qu’il commence à pratiquer la médecine en France métropolitaine. Ce n’est que l’année suivante, en 1953, que le Martiniquais décide de partir pratiquer en Algérie — ou plutôt en Algérie française, pour être exacte dans le contexte de l’époque.

« Thèse 1 : Que le comportement du Nord-Africain provoque souvent de la part du personnel médical une attitude de défiance quant à la vérité de sa maladie. »

L’essai de Fanon est marquant, car il s’agit là d’une des premières descriptions de ce qui demeure connu, en France et bien au-delà, comme le « syndrome méditerranéen ». Ce syndrome n’a rien d’une maladie. Il s’agit plutôt de la croyance, encore répandue aujourd’hui dans le personnel médical, que les personnes d’origine nord-africaine d’abord, mais aussi africaine, et racisées plus généralement, tendent à exagérer ou à simuler leurs symptômes.

Le personnel soignant qui croit plus ou moins explicitement à ce syndrome prendra moins au sérieux la douleur d’un patient non européen, ce qui aura des répercussions sur sa prise en charge et le traitement recommandé. Le préjugé se transmet dans la formation des soignants souvent à l’oral plus que dans les manuels de médecine, sous........

© Le Devoir