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Cuba, Haïti et la démocratie

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18.03.2026

On sait — du moins, de plus en plus — comment Haïti a été punie pour son indépendance. D’une part, par la « double dette » imposée par la France en 1825 à la jeune République, chargée de « dédommager » son ancienne métropole avec des paiements qui ont étouffé l’économie de l’île. D’autre part, avec des embargos sur le commerce des puissances esclavagistes environnantes — notamment américaines, anglaises et espagnoles —, qui n’allaient certainement pas permettre à des Noirs de s’imaginer prospères.

On sait moins comment toutes les populations afrodescendantes de la région ont aussi été indirectement « punies » pour l’indépendance d’Haïti.

Selon les estimations des historiens, tout juste avant la Révolution française, entre 40 et 50 % du sucre et du café consommés en Europe étaient produits à Saint-Domingue : il fallait bien que l’immense « trou » laissé par la révolution haïtienne soit comblé par quelqu’un quelque part. La production du sucre à Cuba s’est décuplée à partir de cette période ; la traite et la violence esclavagistes s’y sont aussi intensifiées. L’esclavage sera aboli par les Britanniques (1834), les Français (1848) et les Américains (1865), mais continue à Cuba jusqu’en 1886. À bien des égards, les Afro-Cubains ont été forcés de « compenser » notre liberté.

À partir des années 1850, l’industrialisation du sucre de betterave provoque l’effondrement progressif de la demande européenne pour le sucre de canne. Les États-Unis, eux, continuent de s’approvisionner à partir des plantations cubaines. Si bien qu’à la fin........

© Le Devoir