Chronique | Pas si cubaines, les épiceries publiques
« La dernière fois que j’ai vu une épicerie publique, c’était en voyage à Cuba », a répliqué Éric Duhaime à Ruba Ghazal lors du Face-à-face de TVA. Fort étrange. Moi, la dernière fois que j’ai vu ça, c’était au peu communiste marché Jean-Talon — l’un des fleurons du réseau de marchés publics de Montréal, en activité depuis des décennies.
Alors, est-ce que les marchés publics de Montréal sont des commerces de détail gérés par le gouvernement directement, comme c’est déjà le cas pour la Société des alcools du Québec ou la Société québécoise du cannabis ? Non. Depuis 1993, la Ville de Montréal conserve la responsabilité des infrastructures, mais elle a confié la gestion du réseau à la Société des marchés publics de Montréal, un organisme sans but lucratif. Son conseil d’administration est composé de marchands et de résidents de Montréal, et ses membres comprennent les commerçants qui y vendent des produits locaux.
Ce qu’il faut retenir ici, c’est « sans but lucratif ». Sa mission est de garantir l’accès de la population aux produits locaux. Et les lieux mêmes sont toujours la responsabilité de la Ville : c’est à elle d’investir, par exemple, pour améliorer leur capacité à rester ouverts en saison hivernale, mais aussi pour les agrandir afin de permettre aux producteurs locaux d’avoir l’accès le plus direct possible aux consommateurs.
Alors, n’en déplaise à M. Duhaime, l’immense majorité des Québécois a déjà acheté des aliments dans un lieu possédé par le gouvernement — sauf que ce sont nos gouvernements municipaux, pour le moment, qui s’occupent de ces........
