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Chronique | Pas «pragmatique», court-termiste

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10.09.2026

On parlait la semaine dernière du terme « immigrant de deuxième génération » et du pouvoir qu’ont les mots de façonner nos réalités politiques. Cette semaine, il faut se parler du mot « pragmatique » lorsqu’il est employé pour parler des partis politiques et de leurs engagements sur les changements climatiques. Mark Carney serait « pragmatique ». Il faudrait que la gauche reste « pragmatique ». Les partis plus à droite nous enjoignent aussi d’adopter une approche « pragmatique ».

Le mot est fort dans le contexte nord-américain qui est le nôtre, puisqu’il s’ancre dans un empirisme anglo-saxon. Dans cette culture, le common sense (le « gros bon sens ») et les appels au pragmatisme sont pour ainsi dire synonymes de raison, de rationalité.

Or, est-ce qu’il est intellectuellement honnête de présenter le report de la lutte contre les changements climatiques comme un choix « pragmatique » ?

Je vous épargne le détail des rapports d’experts. Le Programme des Nations unies pour l’environnement nous a récemment annoncé que le réchauffement de la planète allait dépasser la limite du 1,5 degré Celsius dans les prochaines années. Un nouveau rapport du fédéral nous apprend que les répercussions du changement climatique sont désormais en bonne partie irréversibles au Canada et que les températures du pays devraient augmenter de 3,5 degrés d’ici la fin du siècle.

C’est ça aussi, le problème : les bouleversements climatiques sont particulièrement sévères lorsqu’on s’approche des pôles. Et la liste des conséquences sur le plan de la sécurité et de la........

© Le Devoir