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Douze sous

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tuesday

Il est une heure du matin. La dernière représentation est terminée. Les artistes qui étaient sur scène démontent un décor sans compter leurs heures. Le budget de création ne le permet pas. On appelle ça la passion. C’est le mot que le reste de la société emploie pour désigner ce travail qu’elle ne paie pas.

Parlons d’argent, puisqu’il n’y a plus que ça qui s’entende.

Le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) dispose de 200 millions de dollars par année. Les dépenses globales de l’État s’élèvent à 170 milliards. Calculons : pour chaque tranche de 100 dollars, 12 sous vont aux arts. Et, de grâce, n’amalgamez pas à cela les sommes allouées à l’industrie culturelle.

Avançons : l’enveloppe laissée à la première ministre pour qu’elle puisse faire des cadeaux électoraux dépassait de 50 millions le budget du CALQ. Il y a 43 000 artistes au Québec qui étayent notre imaginaire collectif et gagnent en moyenne, pour les membres de l’Union des artistes, 18 000 dollars par an. Il ne s’agit pas d’un arbitrage entre des besoins concurrents. Il s’agit d’une erreur d’échelle si grossière qu’elle ne relève plus de la comptabilité, mais de la psychanalyse d’un peuple.

En 2025, quand des crédits furent ajoutés au CALQ, nous avons parlé de victoire. Mais nous nous étions entendus sur un chiffre calibré sur ce que nous croyions pouvoir obtenir sans passer pour déraisonnables, pas sur les besoins véritables. Nous avons appelé cela des demandes réalistes.

Remontons dans le temps.

La politique culturelle de 1992 est à........

© Le Devoir