Victoire et défaite pour Danielle Smith
Finalement, l’Alberta aime le Canada, mais elle se réserve le droit de le vilipender de temps à autre pour améliorer son sort. Vue du Québec, l’issue du référendum a quelque chose de familier, bien que les termes du débat soient radicalement différents.
Au Québec, c’est une affaire de langue, de culture et d’infériorité économique et politique qui a donné naissance au mouvement indépendantiste dans les années 1960. Le ressentiment fut parfois un moteur de la mobilisation, mais la cause d’un Québec souverain est envisagée de la même manière aujourd’hui qu’hier, telle une réponse à la précarité du fait français, de la culture et des institutions qui ont fait la singularité du Québec. Ce mouvement ne fut pas sans dérives, et plus d’un demi-siècle après la création du Parti québécois (PQ), il doit retrouver une manière de communiquer l’enthousiasme du pays pour les Québécois dans toute leur diversité contemporaine.
En Alberta, le ressentiment avait préséance sur des considérations culturelles ou linguistiques. La montée du mouvement indépendantiste est autant la faute de la péréquation que de la marginalisation économique de l’Alberta au nom de la lutte contre les changements climatiques, du gouvernement Trudeau en général, de l’urgence sanitaire, de la crainte du péril migratoire, etc. La grogne a des........
