Idées | Le monde joue, la politique gagne
La Coupe du monde prétend incarner une forme d’universalité. Peu d’événements rassemblent autant de personnes autour d’un même récit. Pendant quelques semaines, les appartenances nationales, culturelles et linguistiques se condensent dans une expérience commune. Le sport devient un langage partagé.
C’est pourquoi les controverses qui l’entourent méritent d’être prises au sérieux. Lorsqu’un événement qui se présente comme ouvert au monde entier se heurte à des restrictions d’accès ou à des décisions politiques, ce n’est pas seulement l’organisation d’un tournoi qui est en jeu.
C’est l’idée même que le soccer puisse demeurer un espace commun au-delà des frontières.
À l’approche de la Coupe du monde 2026, organisée par le Canada, les États-Unis et le Mexique, les tensions politiques occupent déjà une place centrale. Pour plusieurs amateurs, ce constat est troublant. J’en fais partie.
Comme tant d’autres, j’ai grandi avec la Coupe du monde. J’ai supporté le Brésil, la France, l’Italie, l’Algérie. Je me souviens du coup de tête de Zidane. Mais je me souviens surtout de Montréal pendant ces étés-là : le boulevard Saint-Laurent couvert de drapeaux, les cafés où les langues se mélangeaient, les rassemblements après les victoires, cette impression qu’une ville pouvait vibrer à l’unisson.
Un rêve intergénérationnel
Cette capacité de créer du lien explique pourquoi le soccer est devenu le........
