Ce que nous dit le rebrassage de cartes
Ça y est, la campagne électorale de 2026 est terminée et, après cette soirée électorale enlevante, le Parti québécois (PQ) a réussi à former un gouvernement minoritaire avec 28 % des appuis parmi les électeurs s’étant déplacés aux urnes. Quel revirement pour ce parti — une victoire certaine — qui n’avait fait élire que trois députés et qui avait obtenu seulement 15 % des votes lors du scrutin général précédent, en 2022 ! Le PQ est parvenu à doubler ses appuis en quatre ans, ce qui est remarquable. Que retenir de ces élections du point de vue de la démocratie et de la participation électorale ?
Dans le nouveau multipartisme en place depuis 2003 au Québec, le PQ n’est pas encore parvenu à former de gouvernement avec plus de 32 % des votes, score obtenu par Pauline Marois en 2012. Par comparaison, durant ce même quart de siècle, tant le Parti libéral (PLQ) que la Coalition avenir Québec (CAQ) sont arrivés à prendre le pouvoir avec des taux d’appui allant de 37 % à 46 % (à la seule exception du mandat minoritaire de Jean Charest en 2007, avec 33 % du vote).
Il semble donc que, en l’absence d’élan populaire fort en faveur de son programme de gouvernement et de son option constitutionnelle, le PQ a besoin, pour prendre les rênes du pouvoir, d’une division marquée du vote fédéraliste, comme ce fut le cas en 2012 et cette année. L’existence de Québec solidaire (QS), parti indépendantiste de gauche, limite également les perspectives de croissance du PQ dans ce nouveau système compétitif. Cette situation paraît symptomatique des divergences de vues actuelles au sein du mouvement souverainiste quant aux modalités d’accession à l’indépendance et quant à la définition même des valeurs sur la base desquelles bâtir un éventuel pays du........
