L’«argumentum ad personam», stratagème de la campagne électorale
J’ai envie d’éteindre mon téléphone pour le prochain mois. Il y a des moments où se retirer du flux devient un acte de lucidité. La campagne électorale vient à peine de commencer qu’elle semble déjà outrepasser les seuils du convenable.
À l’ère numérique, même l’électeur aguerri peine à s’y retrouver. Chaque enjeu semble traité avec exagération. Chaque prise de position semble devenir prisonnière du rôle qu’on lui impose et finit capturée par une étiquette. Une assertion trompeuse devient tantôt la vérité de l’un, tantôt l’arme de l’autre.
Les mouvements politiques ont perdu toute tenue. Les amalgames sont devenus si courants qu’ils ne surprennent plus personne. Droite et gauche s’invectivent avec condescendance, chacune convaincue de sa supériorité morale. Elles ne comprennent pas que leurs ressemblances les condamnent davantage que leurs convictions. Aux antipodes dans leurs idées, jumelles dans leurs méthodes.
Cette dérive n’a rien de nouveau. Vers 1830, Arthur Schopenhauer rédigeait........
