Nous avons besoin de syndicats plus forts, pas de plus de restrictions
Des spécialistes canadiens en études du travail dénoncent les récentes attaques au droit de grève ainsi que les restrictions imposées aux syndicats sous couvert d’améliorer leur transparence financière.
Les conflits de travail ont augmenté depuis la pandémie de COVID-19, alors que les travailleurs et travailleuses, confrontés à une crise du coût de la vie, tentent de rattraper des décennies de stagnation salariale et de détérioration de la qualité de leurs emplois. Parallèlement à ces difficultés, le discours antisyndical s’est intensifié dans les médias, tout comme les politiques antisyndicales à tous les niveaux au Canada. En tant que chercheurs et chercheuses spécialisés en études du travail, nous sommes préoccupés par le fait que tant les gouvernements que les employeurs cherchent à affaiblir les syndicats précisément au moment où les travailleurs en ont le plus besoin.
La principale cible de ces attaques a été le droit de grève. Malgré la décision de la Cour suprême en 2015 affirmant que la grève est un droit constitutionnellement protégé, les gouvernements ont intensifié leurs efforts pour le restreindre. Au niveau fédéral, le gouvernement libéral a redécouvert l’article 107 du Code canadien du travail1 et l’a utilisé à plusieurs reprises pour mettre fin à des arrêts de travail ou même empêcher les travailleurs de faire grève, ce pour quoi cet article n’a jamais été conçu. La décision des agents et agentes de bord d’Air Canada2 de défier son utilisation et de refuser de reprendre le travail a mis en évidence le manque de préparation de l’entreprise et du gouvernement,........
