Les rugissements du tigre au premier tour de l’élection présidentielle
Le candidat ultraconservateur, Abelardo de la Espriella, a remporté le premier tour de l’élection présidentielle de la Colombie. S’il dit représenter la population, il incarne pourtant tout ce que son populisme critique, écrit Priscyll Anctil Avoine.
Salut militaire, barbe taillée à la Bukele et esthétique de tigre prédateur. Le leader d’extrême droite Abelardo de la Espriella, admirateur de Donald Trump, vient de passer au second tour de l’élection présidentielle colombienne, aux côtés d’Iván Cepeda. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour la paix en Colombie.
Ayant vécu hors de la Colombie durant la dernière décennie et n’ayant jamais occupé de poste politique, de la Espriella a pourtant remporté le premier tour de l’élection avec 43,7 % des voix, contre 40,9 % pour son rival de gauche, Iván Cepeda.
PHOTO CESAR QUIROZ, ARCHIVES REUTERS
Le candidat ultraconservateur Abelardo de la Espriella
À coups de grands gestes agressifs, d’une esthétique machiste et d’une politique d’humiliation plutôt que de propositions politiques concrètes, l’ultraconservateur a infligé une défaite historique à la droite « traditionnelle » en Colombie.
Si plusieurs ont parlé d’une surprise électorale, celui qui se fait appeler « le tigre » n’est que le plus récent visage d’une tendance globale ultraconservatrice. Ce n’est donc ni surprenant ni nouveau en Colombie : la « main dure » (mano dura) était au cœur de la « sécurité démocratique »........
