Le pari conservateur du Chili
Le professeur Pierre Gilles Bélanger explique les circonstances de l’avènement au pouvoir de José Antonio Kast et observe les premiers pas de celui qui ne craint pas de s’afficher avec des dirigeants autoritaires.
Depuis le 11 mars, le Chili connaît une nouvelle transition politique. Vu du Canada, il peut sembler déconcertant qu’un pays marqué par l’une des dictatures les plus sévères d’Amérique du Sud ait porté au pouvoir un parti de droite assumée. Ce changement soulève une question fondamentale : le Chili rejoindra-t-il la vague des nationalismes populistes, à l’image de Donald Trump, qui influence actuellement plusieurs pays latino-américains, ou tracera-t-il sa propre voie, fidèle à ses traditions institutionnelles et à son histoire démocratique ?
Ce changement marque un moment politique significatif. Non pas parce qu’il remet en cause les fondements institutionnels du pays, mais parce qu’il reflète un basculement idéologique dans une démocratie longtemps reconnue pour son équilibre.
Gabriel Boric incarnait l’émergence d’une nouvelle gauche issue des mouvements étudiants et en rupture avec l’ordre politique établi depuis 1990. Son arrivée au pouvoir symbolisait un renouvellement générationnel prometteur, libéré des compromis du passé. Quatre ans plus tard, le bilan apparaît toutefois mitigé : cette nouvelle gauche n’a pas supplanté l’ancienne et a même intégré........
