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Faire taire Montréal ?

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31.07.2025

L’auteur s’inquiète des répercussions d’un nouveau projet de règlement antibruit sur la scène culturelle montréalaise.

Je travaille dans le milieu culturel et événementiel montréalais depuis plus de 15 ans. Je suis cofondateur et producteur d’Aire commune, une organisation qui conçoit, déploie et opère des espaces publics et des évènements à Montréal, Calgary et Ottawa. Depuis plusieurs années, je constate une multiplication des règlements et des contraintes liées au bruit imposées à notre industrie. Et les répercussions sont bien réelles.

En moins de dix ans, Montréal a vu fermer plusieurs de ses salles emblématiques : le Divan Orange, le Diving Bell Social Club et plus récemment La Tulipe. Ces lieux ne sont pas de simples adresses sur une rue : ce sont des institutions, des incubateurs d’artistes, des repères culturels. Ces fermetures ne sont pas des accidents. Elles sont le résultat d’un système réglementaire déséquilibré, qui laisse trop souvent plus de pouvoir à un plaignant qu’à tout un milieu.

Parlant de milieu, celui des festivals et des évènements extérieurs n’est pas épargné. Bien que ce règlement ne les concerne pas, les contraintes se multiplient : restrictions sonores accrues, horaires restreints, tolérance de plus en plus faible. Comme promoteur, on investit déjà massivement dans des solutions pour limiter l’impact sonore et mesurer celui-ci auprès des résidents qui vivent à proximité de nos sites........

© La Presse