Savoir nommer la haine des femmes
J’ai passé la soirée du 22 juin devant les actualités. Le tueur avait été « neutralisé », un policier et un citoyen étaient morts et une policière était gravement blessée « mais on ne craignait pas pour sa vie ». On avait trouvé un manifeste d’une centaine de pages, selon lequel il adhérait au mouvement « incel ». Il portait des vêtements aux motifs de camouflage et s’était servi d’au moins une arme longue.
J’ai regardé les images et écouté les mots dans l’espoir qu’à un moment donné, on nommerait tout haut, et avec insistance, la cause véritable derrière cet évènement, la racine du problème : la misogynie.
Certes, on a fait référence à ce manifeste laissé par le tueur, mais tout en précisant parfois qu’il faut « faire preuve de prudence », attendre les résultats de l’enquête avant de s’avancer.
Mais ce manifeste existe. Il a été vu, il a été lu. On sait très bien à quelle enseigne logeait le tueur. Pourquoi, alors, ne pas parler plus clairement ? Pourquoi la haine envers les femmes est-elle si difficile à reconnaître vraiment, et à dénoncer ?
La première ministre du Québec et la........
