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Éloge d’une lenteur calculée

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16.05.2026

Marie-Luce Leclerc propose de former des esprits avant de former des utilisateurs de l’intelligence artificielle.

Il existe un paradoxe au cœur des débats actuels sur l’intelligence artificielle générative (IAG) à l’école, comme si l’urgence d’initier les jeunes à cette technologie, qui s’est amenée dans les classes sans invitation, nous autorisait à court-circuiter la question fondamentale : former à quoi, exactement ?

Ma réflexion des derniers mois m’amène à proposer d’interdire (et je connais le poids de ce mot pour des adolescents) l’usage de l’IAG pour les élèves au secondaire, sauf sous la supervision de pédagogues ayant des intentions réfléchies, tout en inscrivant au cœur du curriculum une solide éducation à la littératie numérique et à la pensée critique.

Je n’ai pas connu le cours classique. Ce n’est donc ni par nostalgie, ni par peur du changement, mais par conviction pédagogique profonde que j’en arrive à cette proposition.

On ne peut déléguer à une machine ce que l’on n’a pas encore appris à faire soi-même, si on souhaite devenir compétent.

L’école secondaire est un espace de développement fulgurant et ce que les jeunes cerveaux subissent me préoccupe. Les élèves apprennent-ils toujours ou nous fournissent-ils simplement le produit fini, tel que demandé ? Qui sera sur le marché du travail demain ? Avec quelles compétences ? Avec quel rapport à l’information ? La société s’adaptera, j’en suis certaine. Mais à quel prix ?

C’est à........

© La Presse