Ce que le Québec a donné au Canada
Je reviens de Québec, où je rassemblais des notes en vue d’une conférence en hommage à Brian Mulroney. En revisitant son héritage, un fait m’a frappé : trois de nos premiers ministres – Brian Mulroney, Louis St-Laurent et Jean Chrétien – sont issus de l’Université Laval.
Ayant travaillé de près avec Jean Chrétien pendant des années, j’ai décidé d’aller droit à la source. Je lui ai demandé ce qui, selon lui, dans l’expérience à l’Université Laval, avait contribué à forger ce type de leadership. Sa réponse a été immédiate, sans hésitation : les droits de la personne. Il est connu que l’Université Laval a fait de la protection des droits un volet essentiel de sa formation juridique.
Quand on regarde le bilan, la réponse est éloquente. Louis St-Laurent a joué un rôle clé dans la création des Nations unies et dans la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Brian Mulroney, lui, a tenu tête au régime d’apartheid en Afrique du Sud, à une époque où Ronald Reagan et Margaret Thatcher préféraient détourner le regard. Quant à Jean Chrétien, il a contribué à l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés et a été un acteur central dans l’interdiction mondiale des mines antipersonnel.
C’était une époque où l’on ne se contentait pas de parler « d’intérêts ». On construisait des coalitions – entre gouvernements et citoyens – pour provoquer de vrais changements.
Le soutien le plus solide au maintien de la paix, à l’aide internationale et aux droits des femmes ne venait pas alors de groupes de discussion, mais bien de l’opinion publique québécoise et d’un caucus libéral animé par des principes clairs à........
