La défense d’un Québec souverain n’est pas à prendre à la légère
Le Parti québécois a pris au sérieux une question que le débat souverainiste a trop souvent laissée dans l’ombre : en proposant qu’un Québec souverain se dote d’une armée, adhère à l’OTAN et participe au NORAD1, le Livre bleu ouvre une réflexion nécessaire face à la réalité géopolitique du Québec.
Mais prendre la défense au sérieux implique aussi d’en mesurer pleinement les conséquences. Une politique de défense ne se décrète pas. Elle se finance, se planifie, se justifie et se construit dans la durée. Le modèle proposé est plausible, mais il ne pourra devenir une véritable politique d’État qu’à certaines conditions : assurer la soutenabilité de dépenses militaires élevées, bâtir un consensus transpartisan sur les menaces, développer une politique industrielle de défense ciblée et assumer les dilemmes liés à l’alignement avec Washington.
Transformer l’ambition en capacité réelle
Un Québec indépendant aurait besoin d’une politique de défense claire, sobre et sérieuse. Le modèle esquissé par le PQ propose une force permanente de taille limitée, une réserve volontaire, une défense du territoire et une participation sélective aux missions internationales, dont la défense des alliés de l’OTAN face au revanchisme impérial russe. Si l’on compare cette posture à celle de pays de taille similaire, il s’agit essentiellement d’une version........
