menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Choisir librement, c’est aussi choisir où chercher de l’aide

8 0
23.04.2026

Quand une grossesse inattendue survient, trop de femmes croient trouver un soutien neutre dans des organisations qui militent pourtant contre l’avortement, préviennent les représentantes de groupe pro-choix.

Quand une grossesse survient à un moment inattendu, les questions affluent vite. Et avec elles, le besoin d’être accompagnée. C’est humain. C’est légitime.

Dans cet espace de vulnérabilité, une réalité s’impose : la décision appartient à la femme qui la vit. Pas à son entourage. Pas à un site internet. Pas à une organisation qui prétend offrir un soutien neutre.

Poursuivre une grossesse ou y mettre fin est un choix personnel, profondément ancré dans une vie que personne d’autre ne connaît de l’intérieur. Les raisons qui guident ce choix sont multiples, légitimes, et n’ont pas à être justifiées.

Rappelons que la moitié des grossesses non planifiées surviennent alors qu’un moyen de contraception était utilisé. Une grossesse imprévue n’est pas une négligence. C’est une réalité médicale et humaine, qui peut arriver à n’importe qui.

Ce qui doit guider la décision, en revanche, c’est une information juste, fondée sur la science, débarrassée de jugement moral.

Or, depuis quelques années, des centres se présentant comme des « ressources d’aide à la grossesse » émergent un peu partout. Leur nom est rassurant. Leur ton, bienveillant. Mais plusieurs d’entre eux sont fondés et financés par des groupes qui s’opposent à l’avortement pour des raisons idéologiques ou religieuses. Ils ne sont pas neutres. Ils n’offrent pas un accompagnement ouvert à tous les choix : ils orientent systématiquement vers la poursuite de la grossesse ou l’adoption. Les femmes qui les consultent ne le savent pas toujours.

Ce n’est pas rendre service à quelqu’un que de le priver d’une information complète au moment où il en a le plus besoin.

L’avortement est décriminalisé au Canada depuis 1988. C’est un acte médical sécuritaire. Il ne cause pas le cancer. Il ne compromet pas la fertilité. Ce sont des faits établis, documentés, reconnus par les autorités de santé publique. Une ressource d’aide qui ne peut pas les énoncer clairement n’est pas une ressource d’aide.

Si vous traversez une grossesse non planifiée, ou si vous accompagnez quelqu’un dans cette situation, chercher du soutien est un réflexe sain. Mais ce soutien doit venir d’un endroit où toutes les options sont présentées avec le même respect, et où l’information repose sur des données médicales reconnues.

Nos organismes pro-choix offrent exactement cela : un espace sans jugement, une écoute véritable et une information qui éclaire sans orienter. Nous existons pour ces femmes, quelle que soit la direction qu’elles choisiront.

Vous êtes un proche, un soignant, un enseignant, vous dirigez un établissement scolaire ou un organisme communautaire ? Vous aussi, vous avez un rôle à jouer. Quand vous orientez quelqu’un vers une ressource, assurez-vous qu’elle est vraiment là pour l’aider à choisir, pas pour choisir à sa place. La vigilance n’est pas une question de méfiance. C’est une question de respect.

Chaque femme est la mieux placée pour décider pour elle-même et mérite des ressources qui reconnaissent pleinement cette réalité.


© La Presse