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La primauté de l’intellect humain

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L’affaire Thélyson Orélien nous force à réfléchir à nos usages, acceptables ou pas, des puissants outils d’intelligence artificielle dans nos vies, écrit le professeur de philosophie Jocelyn Maclure.

L’affaire Thélyson Orélien montre jusqu’à quel point nous n’avons pas encore trouvé les repères qui nous aideront à mieux vivre avec l’intelligence artificielle. Je veux mettre de côté ici les allégations de plagiat d’œuvres humaines qui pèsent présentement sur Orélien. Je veux plutôt réfléchir au rapport entre l’IA et l’intellect humain, et en particulier aux effets de l’IA sur la créativité et le jugement.

Je ne crois pas que nous ayons sérieusement à craindre l’émergence d’une superintelligence artificielle autonome qui poserait un risque à la survie de l’humanité. Toutefois, la domestication de systèmes d’IA faillibles, mais étonnamment performants qui perturbent une large gamme d’activités humaines est un défi urgent. Les systèmes d’IA transforment la recherche scientifique et les pratiques artistiques. Ils s’infiltrent dans la sphère de l’intimité en tant que confidents et conseillers. Ils reconfigurent la sphère publique et le débat démocratique. Ils se substituent de plus en plus au jugement humain dans des domaines sensibles, comme la médecine, le système judiciaire, l’administration publique et la gestion des travailleurs.

Peu seront troublés par un biologiste moléculaire qui utilise AlphaFold pour prédire la structure tridimensionnelle d’une protéine sur la base d’une séquence d’acide aminé dans un projet de recherche visant à découvrir de nouvelles........

© La Presse