Carney invente-t-il un nouveau récit sur le Canada dans le monde ?
Les États, comme les organisations, ont besoin d’un discours pour expliquer leur existence, justifier leurs actions, légitimer leur pouvoir. On appelle cela un récit composé de vérités, de faussetés et de légendes. À force de le répéter, il finit par s’imposer, sur la scène tant intérieure qu’extérieure.
De la « destinée manifeste » chère aux premiers présidents à la « nation indispensable » de Bill Clinton, les États-Unis de Donald Trump poursuivent leur entreprise de domination planétaire sous le slogan aussi séduisant que brutal de « Make America Great Again », maintenant repris un peu partout. La Chine, après avoir suivi en partie l’exemple occidental, fait la promotion d’un monde multipolaire respectueux de la souveraineté des États et de leur développement politique et social. La Russie se pose sous Poutine en championne des valeurs conservatrices face à un Occident déclaré décadent.
Longtemps, le récit du Canada sur la scène internationale a été celui du médiateur, du promoteur de la paix à travers les Casques bleus, du partisan du désarmement. Le Canada a forgé son identité internationale autour de ce discours appuyé autant par les libéraux que par les progressistes-conservateurs.
Durant son mandat (2006-2015), Stephen Harper a tenté de remplacer ce récit par un discours présentant le Canada comme un pays de guerriers. L’expédition otanienne contre la Libye en 2011, dirigée par........
