La valeur québécoise dont on ne parle pas assez
Jean-Sébastien Fallu déplore que la grave crise des surdoses soit quasi absente de la campagne électorale.
Depuis des années, le Québec parle beaucoup de ses « valeurs ». Nous les invoquons lorsqu’il est question d’identité, de langue, de laïcité, d’immigration ou de vivre-ensemble. Mais une société révèle davantage ses valeurs par la façon dont elle traite les plus vulnérables que par celles qu’elle proclame.
À cet égard, la crise des surdoses devrait nous interpeller au premier chef.
En 2024, 645 personnes sont mortes au Québec dans des décès liés à une intoxication suspectée aux opioïdes ou à d’autres drogues. C’est près de deux personnes par jour.
Et pourtant, en pleine campagne électorale, il est ahurissant qu’une crise d’une telle gravité soit pratiquement absente du débat public.
Comment une telle réalité peut-elle demeurer si marginale au moment même où l’on prétend débattre des grandes priorités du Québec ?
Mais ce silence n’est qu’une partie du problème. Il y a aussi notre façon de répondre à cette crise.
Politiques et absences de politiques
Une partie des dommages que nous déplorons est produite ou aggravée par nos propres choix collectifs : par nos politiques et nos absences de politiques, par nos services et nos absences de services.
Nous nous inquiétons, avec raison, de certains problèmes de cohabitation dans les rues et les parcs :........
