Les emplois des cols blancs sont-ils vraiment en jeu ?
Les marchés boursiers ont récemment envoyé un message brutal. Les firmes d’ingénierie ont été malmenées, les entreprises de cybersécurité ont vacillé, l’industrie du logiciel est sous pression. Même les cabinets de consultation en management ne semblent plus intouchables.
Chaque nouvelle avancée spectaculaire de l’intelligence artificielle alimente la même angoisse : les cols blancs sont-ils les prochains sur la liste ? Quand Claude, l’IA de l’américaine Anthropic, modernise du code COBOL vieux de 40 ans en quelques heures, quand des modèles génèrent des simulations d’ingénierie complexes, ou quand des rapports stratégiques crédibles sont produits en quelques minutes, il devient facile d’imaginer que les analystes, les consultants et les ingénieurs sont en sursis.
La peur est réelle. Un rapport de Citrini Research1, devenu viral, parle même d’une crise mondiale de l’intelligence d’ici 2028. L’argument est simple : si l’IA progresse à ce rythme, une grande partie du travail cognitif deviendrait automatisable bien plus vite que prévu.
Mais l’histoire économique enseigne une chose fondamentale. Les innovations se diffusent rarement à la vitesse des démonstrations et des preuves de concept, aussi spectaculaires soient-elles.
Au niveau microéconomique, les gains sont impressionnants. Une étude2 menée par Fabrizio Dell’Acqua à la Harvard Business School, suivant des consultants du Boston Consulting Group, a montré que l’utilisation de l’IA améliorait la performance sur des tâches professionnelles réalistes de 12 à 25 %, tout en réduisant substantiellement le........
