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« L’hôtel était anglais, tout le reste était français »

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09.08.2025

Quand un médecin afro-américain se fait refuser l’accès à la salle à manger du Château Frontenac, la population de la ville réagit de façon humaine et évoluée, en ce mois d’août 1945

Il y a 80 ans, le 6 août 1945, les journaux québécois annonçaient qu’une première bombe atomique avait éclaté au-dessus de la ville japonaise d’Hiroshima. Mais une autre histoire publiée ce jour-là passionnera bientôt le Québec tout entier : un médecin noir new-yorkais, George D. Cannon, et sa femme, Lillian M. Cannon, poursuivaient en justice le célèbre Château Frontenac pour discrimination raciale.

Les Cannon avaient décidé cet été-là de passer leurs vacances à Québec. Dès leur arrivée au Château où ils séjourneront deux semaines, le 29 juillet 1945, ils soupent dans la salle à manger du célèbre hôtel où Churchill et Roosevelt s’étaient rencontrés deux fois plutôt qu’une (en 1943, puis en 1944). Les Cannon, qui occupent la chambre 4119, soupent à nouveau dans la salle à manger les 30 et 31 juillet, dans le plus grand bonheur.

Or, le soir du 1er août 1945, quelque chose cloche. Le maître d’hôtel fait patienter les Cannon, qui sont pourtant les premiers dans la file depuis un moment.

C’est George J. Jessop, directeur adjoint de l’hôtel, qui finira par expliquer au couple que la présence de « Noirs » importune des clients américains. Ils ne pourront plus souper dans la salle à manger, mais dans leur chambre seulement.

Si George J.........

© La Presse