Le bloc central résiste à la canicule
Un récent sondage laisse entrevoir une présidentielle 2027 qui ne se jouera pas nécessairement entre la droite et la gauche et dans laquelle le centre a un rôle à jouer, ce qui pourrait bien constituer un des principaux héritages d’Emmanuel Macron, analyse l’auteur.
Pendant que le thermomètre grimpe dans l’Hexagone, l’Ifop publiait, à la fin du mois de juin1, un de ces scénarios présidentiels que les états-majors politiques scrutent avec une attention fébrile. À moins d’un an de l’échéance présidentielle, ces sondages ne disent pas qui gagnera, mais ils révèlent déjà les forces qui se consolident et celles qui s’effritent.
Les derniers chiffres rappellent ces vieilles photographies Polaroid. Au premier regard, l’image paraît incomplète. Puis, à mesure qu’elle sèche, un autre visage apparaît à l’arrière-plan. Jordan Bardella domine nettement. Jean-Luc Mélenchon, souvent présenté comme son adversaire naturel, reste loin derrière.
Mais plus l’image se révèle, plus un autre visage s’impose : celui d’Édouard Philippe. Gabriel Attal conserve lui aussi un espace non négligeable.
Récemment, j’écrivais que le duel annoncé entre Bardella et Mélenchon relevait davantage du récit médiatique que de l’inéluctable2. Les derniers scénarios de l’Ifop donnent un premier crédit à cette intuition. Bardella demeure largement en tête, autour de 35 à 37 % selon les hypothèses. Mélenchon plafonne entre 12 et 15 %. À l’inverse, Édouard Philippe oscille entre 19 et 21 % dans plusieurs scénarios et apparaît comme un sérieux prétendant au second tour. Gabriel Attal conserve lui aussi un espace politique qu’on aurait tort de croire disparu avec la fin du cycle macroniste.
D’ici 2027, cette photographie continuera........
