L’obsolescence programmée du basilic
Un simple achat au supermarché en révèle beaucoup sur ce que valorise notre société, explique le conseiller en développement durable Cameron Camillo.
Le beau temps arrive et, avec lui, cette envie presque irrépressible d’égayer nos balcons et nos maisons avec quelques plantes. Même celles et ceux qui ont plusieurs plantes mortes sur la conscience se sentent soudain remplis d’espoir.
Rien ne les arrêtera, au début des beaux jours, lorsqu’il s’agit d’acheter une nouvelle plante. Pourquoi ? Parce qu’elle donne l’illusion d’une vie plus saine, plus lente, plus connectée à la nature… même si elle ne survivra que quelques semaines. Mais peut-on vraiment les blâmer ?
Pour ma part, on me dit que j’ai la main verte. Je crois surtout que j’essaie d’écouter les plantes plutôt que de les traiter comme de simples objets décoratifs. Chaque espèce a ses besoins, certaines aiment la lumière directe, d’autres la fuient ; certaines demandent peu d’eau, d’autres davantage. Arroser une plante et la placer au soleil sans comprendre ce dont elle a besoin, c’est agir mécaniquement, presque comme un robot.
Récemment, je suis allé à mon supermarché de quartier. Au-delà des prix, ses produits méditerranéens me rappellent la maison. Et là, que vois-je ? Un magnifique pot de basilic à un prix imbattable !
Ni une ni deux, je me projette. L’été arrive........
