L’infrastructure comme bien commun
Actif dans le secteur des énergies renouvelables en Gaspésie, où la saturation du réseau de transport d’électricité freine le développement économique, Antoine Duplantie Grenier s’interroge sur les récentes annonces fédérales à propos d’un pipeline vers le Pacifique.
Le 2 juillet dernier, à Calgary, le premier ministre Mark Carney et la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, ont annoncé un projet de nouveau pipeline vers la côte du Pacifique. Le tracé suivrait en grande partie le corridor existant de Trans Mountain pour acheminer 1 million de barils supplémentaires par jour vers les marchés de l’Asie. L’annonce m’a fait sourciller, mais pas pour les raisons habituelles. Je ne parlerai pas ici d’impact écologique. Je veux poser une question plus fondamentale, celle que ces annonces esquivent : quand l’État investit des milliards dans une infrastructure, à qui doit-elle profiter ?
L’infrastructure publique, un pari légitime
Je travaille en énergie, sur le terrain, en Gaspésie. Ce métier m’a appris une chose : les grandes infrastructures ont souvent besoin de fonds publics pour exister. L’ampleur de ces projets dépasse ce que le capital privé accepte de risquer seul, et l’implication du gouvernement devient souvent la condition qui les rend possibles. Ce qui ne garantit ni l’efficacité ni même le succès. C’est un pari légitime, que le Québec connaît dans ses deux versions.
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