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On ne vantera jamais assez les mérites de l’université

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16.03.2026

André Robert croit qu’on a tout à gagner à s’informer davantage sur la nature et le bien-fondé des différentes disciplines universitaires.

Les offres d’admission de la part des universités du pays sont en cours ou le seront très bientôt. Parents et étudiants devront donc prendre des décisions dans les semaines et les mois à venir sur l’opportunité d’entreprendre des études universitaires, le choix de l’université et le choix d’un programme.

Dans l’ensemble du pays, environ 60 % des effectifs étudiants au premier cycle sont des femmes — toutes disciplines confondues.

L’écart entre les pourcentages d’étudiants de sexe masculin et féminin à l’université s’accentue d’ailleurs avec le temps (toujours en faveur de la représentation féminine) et une sérieuse réflexion est peut-être de mise sur ces tendances et les raisons de cet écart.

On peut percevoir également une recrudescence de certains propos qui questionnent la pertinence de plusieurs disciplines universitaires et même des études supérieures en général. Cette trame narrative ainsi que l’écart de scolarisation entre hommes et femmes portent donc le vers besoin de promouvoir les études universitaires, encore plus peut-être pour la cohorte potentielle d’étudiants de sexe masculin.

Alors, pourquoi l’université ? Il y a d’abord toute une gamme de programmes dont le but premier est un emploi professionnel de qualité. Une bonne motivation en soi. On pense ici aux facultés de droit et aux sciences administratives par exemple. Un autre exemple probant est celui des écoles d’ingénierie. Des programmes exigeants et compétitifs, souvent à la fine pointe de la technologie, et où les perspectives de carrières sont nombreuses et variées. Difficile de demander mieux dans un sens. Paradoxalement, c’est le recrutement des étudiantes qui s’avère plus difficile en génie. Des progrès récents et importants ont cependant été faits vers la parité.

En sciences de la santé, par contre, cette parité existe depuis un certain temps déjà. Je pense ici aux programmes professionnels très convoités tels que la médecine, la pharmacie et la médecine dentaire, là où la représentation féminine représente au moins 50 % des effectifs (et parfois beaucoup plus).

Des parcours d’excellence pour des étudiants à la fois talentueux, ambitieux et déterminés, et où le recrutement est bien loin de faire défaut, tant du côté des hommes que des femmes.

Qu’en est-il alors des autres sciences comme les mathématiques ou la physique par exemple ? Pourquoi étudier dans ces domaines ? Comme dans d’autres disciplines, pour le plaisir bien sûr, mais aussi et surtout pour la rigueur, la logique, la capacité d’analyser, l’esprit critique, la résolution de problèmes, toutes des qualités directement associées à ce type de formation. Une formation qui sert toujours bien les étudiants qui planifient graduer dans ces domaines, peut-être encore plus aujourd’hui avec la prolification des modèles, algorithmes et autres technologies de pointe. La même chose s’applique bien sûr aux sciences informatiques.

Des disciplines critiquées

Considérons maintenant d’autres disciplines qui sont souvent l’objet de critiques par un certain segment de la population, principalement dans les domaines des sciences sociales et humaines. Je pense ici à la philosophie, l’histoire, la géographie, la sociologie, l’anthropologie, les programmes de science politique, etc. Souvent des programmes méconnus, où les perceptions de la population peuvent être basées en partie sur des idées préconçues sur la nature même de ces disciplines et des programmes de formation qui y sont reliés.

Dans chacun de ces domaines, on apprend bien sûr beaucoup sur la discipline concernée, mais il y a bien plus. On apprend entre autres à communiquer efficacement et avec aisance, oralement et par écrit. Simple, mais fondamental. À nouveau, les étudiants y développent leur esprit critique, leur sens d’analyse, leur capacité à synthétiser l’information, à entreprendre des projets et à résoudre des problèmes. Cette formation leur permet de s’adapter à divers scénarios de travail, des scénarios où les capacités d’adaptation développées lors de leurs études s’avèrent bien utiles tout au long de leur carrière.

Ces domaines d’études ouvrent des portes à une vaste gamme d’opportunités.

Il existe d’ailleurs toute une panoplie d’emplois qui sont très souvent insoupçonnés, des emplois qui sont en grande partie inconnus du grand public et pour lesquels il n’existe pas nécessairement de champ d’expertise précis pour y accéder.

Une formation universitaire de qualité procure la plupart du temps les qualifications recherchées en termes de flexibilité et de capacités d’innovation et d’adaptation.

L’expérience universitaire permet, tout particulièrement, de développer le plaisir et l’aptitude à apprendre tout en découvrant de nouvelles connaissances et en développant des compétences. De plus, la promotion des études supérieures dans toutes les disciplines peut certainement aider à combler l’inquiétant écart de scolarisation entre les hommes et les femmes.


© La Presse