La communication sauve aussi des vies
Le langage est une composante centrale de la santé, explique Agathe Tupula Kabola, pour qui un plan de prévention en santé vraiment complet devrait en tenir compte.
Le gouvernement du Québec a récemment annoncé un investissement de 252 millions de dollars d’ici 2031 dans un vaste plan de prévention en santé comportant 54 mesures1. L’intention est ambitieuse : mieux prévenir la maladie plutôt que de simplement la traiter. Dans un système de santé sous pression, cette orientation est difficile à contester.
Mais à la lecture des mesures rendues publiques, une question demeure : où se situe la santé de la communication dans cette vision de la prévention ?
Mai est le Mois de l’ouïe et de la communication2. C’est aussi un moment où plusieurs organisations rappellent que communiquer n’est pas un luxe relationnel, mais une fonction vitale. Sans communication, il n’y a ni accès aux soins, ni adhésion aux traitements, ni lien social, ni santé mentale.
Dans les résumés publics disponibles du plan gouvernemental, les mesures semblent s’articuler autour de grands axes connus : alimentation, activité physique, santé mentale, prévention des maladies chroniques, vaccination, santé des jeunes ou encore environnements de vie sains. On y retrouve aussi des actions liées aux dépendances et à certains déterminants sociaux de la santé.
En revanche, on n’y retrouve pas de mesure explicitement dédiée aux troubles du langage, de la parole, de la voix ou de l’audition, ni plus largement à la santé de la communication. Ce silence est révélateur........
