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Le décrochage intérieur

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10.06.2026

Au secondaire, il arrive qu’une impression s’installe sans qu’on ose trop la nommer. On assiste au cours, on suit la consigne, on remet le travail ; pourtant, on sort en se demandant ce qu’on a réellement appris. Mon enjeu est là : l’école peut exiger des efforts difficiles, mais elle devrait dire ce qu’elle cherche à former.

Ce n’est pas toujours de la paresse. C’est plutôt ce moment où l’école cesse de paraître exigeante et commence à sembler vide. On ne rejette pas l’apprentissage ; on perd confiance dans la manière dont il nous est présenté.

Dans un cours d’art dramatique, par exemple, nous avons déjà été évalués sur notre façon de faire des poignées de main. L’exercice avait sûrement une intention : travailler la présence, le regard, la confiance, la relation à l’autre. Dit ainsi, cela peut avoir du sens. Mais sur le moment, rien de tout cela n’était clair. J’avais surtout l’impression d’être évalué sur un geste banal, sans comprendre la compétence visée.

Cette impression ne venait pas d’un seul cours. Lors de certaines absences, nous avions parfois des travaux qui semblaient déconnectés de la progression du cours. En anglais, il fallait écrire une histoire alors que ce type d’exercice n’avait presque pas été travaillé depuis des........

© La Presse