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En 1942, une écolière est mise au ban pour avoir raisonné. Dans sa chronique, Abigail Assor revient sur une nouvelle de Jacqueline Harpman et se pose une question : du voyant ou de l’ânesse, lequel voit vraiment clair ?

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06.09.2026

Le voyant et l’ânesse

Jacqueline a quinze ans, et elle s’est disputée avec son amie Henriette. Nous sommes en 1942. Henriette noircit des feuilles blanches avec fièvre, elle argumente qu’il n’est de sort plus beau que de mourir pour la patrie. Les soldats français, écrit-elle, vont au paradis. Pour sa copie, elle a 18 sur 20. Jacqueline, elle, n’a eu que 12, elle est piquée, sans doute un peu jalouse. Elle lui fait alors remarquer que les soldats allemands, qui meurent en toute sincérité pour leur propre patrie, ont aussi........

© La Croix