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Tricia Tuttle, la directrice du festival de Berlin sur la sellette après des prises de position contre le génocide à Gaza

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26.02.2026

La censure ne passe pas dans le milieu artistique. La politique est plus que jamais au rendez-vous dans les évènements culturels. La directrice de la Berlinale, qui se retrouve sur la sellette en raison de prises de position en faveur de Gaza lors du festival, a reçu le soutien de nombreux cinéastes.

La directrice de la Berlinale pourrait être limogée par le gouvernement allemand notamment pour avoir posé avec l’équipe du film syro-palestinien primé, Chronicles from the Siege d’Abdullah Al-Khatib. Sur la photo on a pu voir des keffiehs et un drapeau palestinien.

Le cinéaste avait dénoncé la complicité de l’Allemagne avec le régime de Benyamin Netanyahou. Une centaine de cinéastes dont Todd Haynes, ancien président du jury de la Berlinale, ont lancé une pétition pour soutenir Tricia Tuttle. « Être photographié avec des invités internationaux fait partie des pratiques d’un tel festival. La visibilité de différentes identités n’est pas un soutien politique, mais l’expression d’une sphère publique ouverte et démocratique », écrivent les signataires, ajoutant qu’ils « défend (ent) la Berlinale pour ce qu’elle est fondamentalement : un lieu d’échange ».

La journaliste américaine Tricia Tuttle, dont c’est la deuxième édition à la tête du prestigieux festival de cinéma, a été convoquée le 25 février, avec des membres de sa direction par le ministère allemand de la culture qui n’a pas apprécié les prises de position de participants et lauréats dénonçant le génocide à Gaza. Cette réunion extraordinaire entend discuter de « l’orientation future » de la Berlinale. La 76e édition, qui s’est achevée le 22 février, aura été hautement politique et engagée alors même que la censure la menaçait.

En effet, le cinéaste Wim Wenders, président du jury avait déclaré, à l’ouverture le 12 février, qu’il fallait rester en dehors de la politique. En réponse de quoi, le 18 février plus de 80 professionnels du cinéma dont Javier Bardem et Tilda Swinton, répondaient, dans une lettre ouverte, critiquant le « silence » de la Berlinale sur la guerre à Gaza.

Publiée par Variety, la lettre ouverte, dénonçait « l’implication de la Berlinale dans la censure des artistes qui s’opposent au génocide en cours contre les Palestiniens à Gaza ». Tricia Tuttle avait alors affirmé que les cinéastes étaient libres de s’exprimer. Elle aura été entendue. En témoignent les discours à la cérémonie de clôture le 21 février.

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Ainsi, le cinéaste Turc Emin Alper recevant le Grand Prix du jury pour Kurtulus (Salvation) a déclaré : « Palestiniens à Gaza, qui vivez et mourez dans les pires conditions, vous n’êtes pas seuls. Peuple d’Iran, qui souffre sous la tyrannie, tu n’es pas seul. Et Kurdes au Rojava (en Syrie), qui luttez pour vos droits, vous n’êtes pas seuls. Et enfin, mon peuple, tu n’es pas seul. »

Dans le monde de l’art et de la culture, plus on veut les empêcher de faire de la politique, plus ils en font. Depuis peu, les prises de position politiques deviennent quasi systématiques dans le milieu des artistes, particulièrement au sujet du génocide à Gaza, comme on a pu le voir récemment aux Golden Globe ou Emmy Awards aux États-Unis ou encore aux Bafta en Grande Bretagne.

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