Anita Conti, les yeux des pêcheurs et une scientifique respectée dans un monde machiste
La dame de la mer. À cette évocation charnelle comme éthérée, on songe spontanément à Calypso, à Iemanja ou à Mami Wata. En France, outre les divinités et légendes, le titre revient à une certaine Anita Conti, si l’on en croit les dires des matelots. Pionnière, la baroudeuse le fut à plus d’un titre.
Première femme à s’engager dans la marine nationale, elle est aussi la première océanographe française. Relieuse d’art, journaliste, poète et bien sûr photographe… l’intéressée a exercé bien des professions, sans doute autant qu’il existe d’océans de par le monde. Un destin singulier rythmé par les aventures à une époque, le XXe siècle, où tandis que les femmes étaient cantonnées au foyer, elle, voguait librement, entourée d’hommes.
« À 14 ans, j’étais déjà un vieux marin-pêcheur »
Née en 1899 à Ermont (Seine-et-Oise) d’un père arménien, Anita Caracotchian de son nom de jeune fille tombe d’emblée amoureuse de l’océan, accompagnant les pêcheurs bretons et vendéens loin du rivage. Son goût pour la photographie, elle le développe entre deux sessions de voile sur l’île d’Oléron, refuge de sa famille durant la Première Guerre mondiale.
« À 14 ans, j’étais déjà un vieux marin-pêcheur », s’amusera-t-elle. « Elle avait un rapport essentiel à la navigation, c’est le fil rouge de sa vie,........
