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Cent balles avant mars : pourquoi il faut augmenter dès maintenant tous les salaires de 100 euros

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Fin 2018, la France était proche de l’insurrection. Le samedi 8 décembre, la gendarmerie déployait même des blindés dans Paris. Le lundi, le Président de la République prenait la parole, annonçant notamment que « le salaire d’un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 ». Le temps suspendu un instant, des millions de Français agglutinés devant un écran de télévision, sur un rond-point ou dans un café, ont pu croire que le pays renouait ainsi avec sa grande histoire sociale, celle des hausses de salaires obtenues par les soulèvements populaires de 1936 et de 1968.

Mais l’annonce était trompeuse. Il ne s’agissait pas d’une hausse de salaire, comme Emmanuel Macron le reconnaissait à demi-mot dès la seconde suivante, précisant que cette hausse se ferait « sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur ». La mesure a pris la forme d’une hausse de la prime d’activité, une allocation versée par l’Etat. 

Elle était d’ailleurs accompagnée d’une exonération de cotisations sur certaines rémunérations (comme le versement de la prime de partage de la valeur – plus connue sous le nom de « prime Macron »), et de la pérennisation du dispositif massif d’exonérations de cotisations patronales sur les salaires introduit sous le quinquennat précédent. En clair, les comptes publics étaient invités à payer la différence entre la priorité accordée par le gouvernement à la baisse du coût du travail et l’urgence d’une réponse à la demande sociale.

Huit ans plus tard, la mobilisation issue du mouvement lycéen est déjà allée aussi loin dans l’émeute que les gilets jaunes. Elle a aussi été plus massive. Quand, pour la dernière fois, la police a-t-elle compté 100 000 manifestants deux semaines d’affilée à Paris ? De surcroît, pour la deuxième, en dépit d’une quasi-interdiction et d’un parcours et d’une météo ennuyeux comme la pluie ?

Nul ne sait si le mouvement va se poursuivre et s’étendre à l’occasion des appels à la manifestation et à la grève pour le 5 novembre. Une chose est sûre : les caisses sont vides et le marché obligataire est aux aguets. A l’heure où les revendications lycéennes montrent la nécessité d’augmenter les recettes pour financer les services publics, y ajouter une subvention sur deniers publics au niveau de........

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