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Pourquoi le géant français du numérique Capgemini réduit la voilure dans l’Hexagone

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18.05.2026

Prise en étau entre une conjoncture dégradée, une concurrence accrue et l’impact incertain de l’IA, l’entreprise de services numériques traverse une zone de turbulences. 2 000 emplois sont menacés en France.

Peu connu du grand public mais néanmoins géant de l’économie française, le spécialiste de l’informatique Capgemini a annoncé le 20 janvier qu’il envisageait de supprimer jusqu’à 2 400 postes sur un total de 38 000 en France, via des reclassements et des départs volontaires, pour faire face au ralentissement du marché hexagonal. « 1 800 départs et 600 reconversions au sein de l’entreprise sont ainsi prévus, mais le dividende, lui, ne baisse pas », déplore Yacine Baghou, cosecrétaire général de la CGT chez Capgemini.

Leader européen du secteur… 

Peu connu du grand public mais néanmoins géant de l’économie française, le spécialiste de l’informatique Capgemini a annoncé le 20 janvier qu’il envisageait de supprimer jusqu’à 2 400 postes sur un total de 38 000 en France, via des reclassements et des départs volontaires, pour faire face au ralentissement du marché hexagonal. « 1 800 départs et 600 reconversions au sein de l’entreprise sont ainsi prévus, mais le dividende, lui, ne baisse pas », déplore Yacine Baghou, cosecrétaire général de la CGT chez Capgemini.

Leader européen du secteur, le groupe basé à Issy-les-Moulineaux, près de Paris, paie le prix d’une conjoncture morose. En France, où il réalise 19 % de ses ventes, son chiffre d’affaires a chuté de 4 % l’an dernier. Une contre-performance puisque l’ensemble du secteur n’a reculé « que » de 1,8 %, d’après Numeum, le syndicat des entreprises du numérique. Ce qui fait de 2025 la première année de repli du secteur depuis la crise des subprimes, survenue il y a près de vingt ans.

La société, qui appartient à la famille des entreprises de services du numérique (ESN), est pénalisée par sa forte exposition à l’industrie automobile européenne, elle-même fragilisée par un marché qui n’a jamais retrouvé son niveau de ventes d’avant-Covid et qui subit de plein fouet la concurrence chinoise. En France, le secteur traverse une crise particulièrement profonde, avec des pertes records chez les constructeurs Stellantis et Renault et l’équipementier Forvia (ex-Faurecia).

Bousculée par Washington et les géants du Web

Capgemini dépend beaucoup de cette industrie depuis le rachat d’Altran en 2019. Renommée Capgemini Engineering, cette entité est spécialisée dans le conseil en technologie et ingénierie, notamment auprès des constructeurs automobiles qui externalisent des prestations liées à l’aérodynamisme des voitures, à la résistance des matériaux ou aux logiciels embarqués.

« Ces clients en difficulté réduisent le recours aux sous-traitants, allongent le cycle de renouvellement des modèles et internalisent des missions autrefois confiées à des fournisseurs », explique Flavien Vottero, spécialiste des services aux entreprises à l’institut d’études Xerfi.

« Ces clients en difficulté réduisent le recours aux sous-traitants, allongent le cycle de renouvellement des modèles et internalisent des missions autrefois confiées à des fournisseurs », explique Flavien Vottero, spécialiste des services aux entreprises à l’institut d’études Xerfi.

Ce qui ne fait pas les affaires de Capgemini. D’autant qu’une autre ombre plane. Avec près de 30 % de son chiffre d’affaires généré en Amérique du Nord, le groupe français est très exposé aux Etats-Unis, dont l’administration se montre de plus en plus offensive envers les entreprises........

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