menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Comment Bpifrance, la banque publique dirigée par Nicolas Dufourcq, finance les entreprises tous azimuts mais sans clarté…

38 0
09.10.2026

Un coup de gueule sur la radio RMC contre la taxe Zucman présentée comme « un délire communiste ». Un passage dans l’émission télé Quotidien de Yann Barthès, qui l’annonce comme le « ministre de l’Economie bis ». Une interview au journal suisse Le Temps pour dénoncer les non-dits des discussions sur le budget 2027. Deux livres publiés, en 2023 puis 2025, sur la désindustrialisation et la dette sociale de la France, qualifiée de « drogue dure ». Les médias raffolent des formules cash et bien senties de Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, la banque publique d’investissement, qui n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

Particulièrement prolixe ces derniers mois, le sexagénaire dénonce « une société qui s’endette pour financer son confort ». Les dépenses de retraite représentent en France « 14 % de la richesse nationale produite chaque année, contre 11 % chez nos voisins », souligne-t-il. De l’argent qui pourrait être consacré au « financement de l’innovation » pour stimuler la croissance et donner au pays les moyens de s’en sortir.

Nicolas Dufourcq s’inquiète également de la domination américaine sur des pans entiers de notre économie, du numérique à la banque d’affaires. Dans Les Echos, il va jusqu’à proposer de fermer temporairement les frontières « pour laisser l’Europe se réarmer industriellement et logistiquement, sinon le tsunami chinois détruira toutes ses PME industrielles de la Pologne à la Bretagne ».

Cette liberté de ton ne fait pas l’unanimité, certains lui opposant la retenue attendue d’un dirigeant d’institution publique. « Nicolas Dufourcq sort totalement de son rôle » quand il fustige la taxe Zucman, a ainsi affirmé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, sur France 5 en septembre 2025 : 

« Il n’a pas à s’exprimer de cette manière, il est payé par nos impôts et il défend les ultrariches. »

« Il n’a pas à s’exprimer de cette manière, il est payé par nos impôts et il défend les ultrariches. »

Nommé à la tête de Bpifrance dès sa création en 2013, ce haut fonctionnaire, qui est passé par la Cour des comptes, Bercy, France Télécom (devenu Orange) et Capgemini, est l’un des dirigeants publics les plus durablement installés de France.

« C’est un bosseur et un homme de terrain, mais son tempérament fonceur et ses discours performatifs peuvent lui donner un côté donneur de leçons qui irrite à l’extérieur », reconnaît un ancien cadre dirigeant de Bpifrance.

« C’est un bosseur et un homme de terrain, mais son tempérament fonceur et ses discours performatifs peuvent lui donner un côté donneur de leçons qui irrite à l’extérieur », reconnaît un ancien cadre dirigeant de Bpifrance.

Cette assurance tient aussi au poids considérable pris par l’institution. Détenue à parité par l’Etat et la Caisse des dépôts (institution financière publique placée sous la surveillance du Parlement), elle emploie 4 500 collaborateurs en France.

Sa doctrine d’intervention, présentée au Parlement en 2014, lui assigne pour rôle de pallier les défaillances de marché, en intervenant là où banques et investisseurs privés sont absents ou insuffisamment présents. La banque publique se présente également comme un « investisseur patient », capable d’investir à plus long terme que beaucoup d’acteurs privés.

Les chiffres témoignent du poids qu’elle a pris. « Entre 2013 et 2024, Bpifrance a injecté 536 milliards d’euros dans l’économie française et financé 627 000 entreprises », indique Philippe Mutricy, directeur des études du groupe.

Les chiffres témoignent du poids qu’elle a pris. « Entre 2013 et 2024, Bpifrance a injecté 536 milliards d’euros dans l’économie française et financé 627 000 entreprises », indique Philippe Mutricy, directeur des études du groupe.

Bpifrance revendique la place de première banque française pour le financement des projets de production d’énergies renouvelables. Elle........

© Alternatives Économiques