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Les Français vont-ils trop chez le kiné ?

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02.09.2026

Chaque été, en amont des débats budgétaires, l’Assurance maladie publie un rapport sur l’évolution de ses « charges et produits » assorti de propositions pour « améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses ».

Cette année, un long chapitre est consacré aux dépenses de masso-kinésithérapie, qui connaissent depuis dix ans une croissance supérieure à 4 % par an. Le volume global d’honoraires (hors dépassements) a atteint 7,1 milliards d’euros en 2025. Avec un taux moyen de prise en charge de 75 %, cela représente une facture de 5,3 milliards pour l’Assurance maladie contre 3,6 milliards en 2015. Verdict : l’Assurance maladie estime que ces 47 % de croissance en dix ans posent un « un défi de soutenabilité ».

Difficile de ne pas faire le lien entre la croissance des dépenses et l’augmentation de l’offre de soins : le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes a recensé en janvier 2026 plus de 108 000 professionnels en activité, dont 86 % exercent en libéral. C’est 37 % de plus qu’il y a dix ans. 37 %, c’est à peu de chose près le pourcentage de professionnels ayant obtenu leur diplôme à l’étranger.

Depuis 2015, la validation d’une première année universitaire d’études de santé (PASS ou L.AS) est nécessaire pour passer le concours d’entrée en institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK). Pour s’épargner cette première année très sélective et se former en quatre ans – au lieu de cinq, donc, dans l’Hexagone –, de nombreux jeunes Français préfèrent suivre leurs études en Espagne, en Belgique ou en Allemagne. Les diplômes obtenus dans un état de l’UE peuvent être reconnus en France via une demande d’équivalence.

Explosion des consultations

Cette nouvelle offre de soins a-t-elle généré sa propre demande, comme l’a suggéré Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance maladie quand il a présenté ce rapport, en parlant de « course à l’acte » ? De fait, le nombre de patients a augmenté de 22,7 % en dix ans pour atteindre 12,9 millions en 2025. En outre, le traitement moyen est passé de 23 séances par patient en 2015 à 25,3 séances en 2025. Beaucoup plus de patients qui consultent plus souvent,........

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