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Thierry Coville : « Le but des Etats-Unis et d’Israël n’est pas tant d’instaurer la démocratie que d’affaiblir durablement l’Iran »

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03.03.2026

Le 28 février 2026, des frappes coordonnées ont été lancées contre l’Iran par les Etats-Unis et Israël dans le cadre d’une opération militaire appelée « Operation Epic Fury » du côté américain et « Operation Lion’s Roar » du côté israélien. Le régime a rapidement été décapité avec l’assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, et de plusieurs autres hauts dignitaires de la République islamique.

Alors que le conflit s’étend au Liban et au Moyen-Orient, quels changements peut-on anticiper en Iran ? Un renversement du régime grâce à des frappes aériennes est-il possible ? Et peut-on voir reprendre les négociations avec les Américains, entamées début février, sur le programme nucléaire de la République islamique ? Les réponses de Thierry Coville, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

Après l’assassinat du guide suprême, confirmé le 1er mars, peut-on s’attendre à une évolution positive en Iran ?

Thierry Coville : Le guide Ali Khamenei avait une place centrale dans le système politique iranien depuis la fin des années 1980…

Le 28 février 2026, des frappes coordonnées ont été lancées contre l’Iran par les Etats-Unis et Israël dans le cadre d’une opération militaire appelée « Operation Epic Fury » du côté américain et « Operation Lion’s Roar » du côté israélien. Le régime a rapidement été décapité avec l’assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, et de plusieurs autres hauts dignitaires de la République islamique.

Alors que le conflit s’étend au Liban et au Moyen-Orient, quels changements peut-on anticiper en Iran ? Un renversement du régime grâce à des frappes aériennes est-il possible ? Et peut-on voir reprendre les négociations avec les Américains, entamées début février, sur le programme nucléaire de la République islamique ? Les réponses de Thierry Coville, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

Après l’assassinat du guide suprême, confirmé le 1er mars, peut-on s’attendre à une évolution positive en Iran ?

Thierry Coville : Le guide Ali Khamenei avait une place centrale dans le système politique iranien depuis la fin des années 1980. Il avait peu à peu accru son pouvoir par rapport aux instances élues de la République islamique en créant des institutions parallèles, en étendant son influence sur la politique intérieure et extérieure, et en laissant les gardiens de la révolution développer leurs activités, au point de saper la légitimité du système politique. Car les Iraniens en avaient assez de voter pour un parlement et un président de fait impuissants.

« Il n’y a pas, aujourd’hui, de personnalité capable de prendre autant de place qu’Ali Khamenei. Il était très âgé, mais sa mort laisse un........

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