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Les discriminations au travail se portent (hélas) très bien

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24.04.2026

Les propos et comportements stigmatisants sur le lieu de travail sont en hausse depuis 2016. Les recours existent mais sont peu utilisés, en particulier dans le cas des discriminations ethnoraciales.

Le nombre de réclamations concernant des discriminations dans l’emploi, 5 700 en 2024, est trop faible. C’est le message qu’a fait passer Claire Hédon, la Défenseure des droits, lors de la présentation du 18e baromètre (2016-2024) sur le sujet, le 10 décembre. Cela, « parce que les salariés ne connaissent pas les voies de recours et craignent des représailles », explique-t-elle. Or, les propos et comportements stigmatisants sur le lieu du travail sont en hausse puisque 34 % des actifs interrogés s’en plaignent en 2024, contre 25 % en 2016, date du précédent baromètre… 

Le nombre de réclamations concernant des discriminations dans l’emploi, 5 700 en 2024, est trop faible. C’est le message qu’a fait passer Claire Hédon, la Défenseure des droits, lors de la présentation du 18e baromètre (2016-2024) sur le sujet, le 10 décembre. Cela, « parce que les salariés ne connaissent pas les voies de recours et craignent des représailles », explique-t-elle. Or, les propos et comportements stigmatisants sur le lieu du travail sont en hausse puisque 34 % des actifs interrogés s’en plaignent en 2024, contre 25 % en 2016, date du précédent baromètre.

Est-ce lié à une prise de conscience de la part des victimes ? Sans doute mais pas seulement. Sur l’égalité femmes-hommes par exemple, il semble que, même si le sujet a gagné en visibilité, les ambiances de travail connaissent une dégradation. Et, plus globalement, les « propos sexistes, racistes, homophobes, handiphobes » augmentent, précise Emilie Arnoult, chargée d’étude ayant coordonné le baromètre. C’est d’autant plus inquiétant qu’un backlash (ou retour de bâton) venu des Etats-Unis met en danger les politiques encourageant la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) dans les entreprises françaises – même si les dirigeants interrogés sur le sujet disent le contraire1.

14 % des personnes en recherche d’emploi se sont senties discriminées

14 % des personnes en recherche d’emploi se sont senties discriminées

Selon le baromètre de la Défenseure des droits, 14 % des personnes en recherche d’emploi se sont senties discriminées et 21 % des personnes interrogées se sont senties discriminées dans le déroulement de leur carrière. Les discriminations le plus souvent citées (pour 42 % des personnes interrogées) concernent celles liées à l’âge au moment de la recherche d’emploi.

Il peut s’agir de jeunes comme de seniors. Une fois en poste, c’est surtout le genre qui empêche l’avancement (pour 41 % des personnes interrogées). L’origine ou la couleur de peau ont pu être une cause de discrimination pour 21 % des personnes au moment de l’embauche et pour 12 % des personnes dans le déroulement de leur carrière. Sont également citées (moins souvent) la religion et la nationalité.

Face à cela, les démarches pour obtenir la reconnaissance de ces problèmes sont marginales. Hélène Garnier, directrice des études de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres), constate que « les entreprises avancent peu et lentement sur le sujet, restant globalement plus concentrées sur les discriminations selon le genre et le handicap, et laissent de côté celles liées aux origines ».

Comment l’expliquer ? La France se caractérise par une frilosité particulière sur ces sujets, héritage d’une conception........

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