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Les esprits animaux, ou l’influence de la psychologie selon Keynes

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25.08.2026

On a souvent réduit la théorie de John Maynard Keynes à sa variante dite « hydraulique » : il suffirait d’ouvrir les vannes de la consommation et de l’investissement public pour que monte le niveau de richesses. Cependant, pour lui, les fluctuations cycliques de l’activité résultent d’abord de l’influence de « variables psychologiques fondamentales », dont les plus importantes sont les « esprits animaux ».

Le terme, ancien, renvoie notamment à l’œuvre de Galien (IIe siècle de notre ère), qui domina la pensée médicale européenne au moins jusqu’à l’époque moderne. Par la suite, il deviendra une sorte de lieu commun littéraire pour désigner les impulsions émotionnelles. Pour Keynes, toute anticipation d’investissement comporte deux dimensions : la prévision d’une rentabilité future et la décision de lancer le projet. 

Dans un domaine où le calcul, fût-il « raisonnable », est censé régner, c’est en fait la psychologie humaine qui joue un rôle de premier plan. En réalité, les entrepreneurs se fient à leurs « esprits animaux », c’est-à-dire à leurs instincts. La décision la plus cruciale pour l’économie, celle qui conditionne les capacités de production, ne peut en effet résulter d’un seul calcul d’anticipation optimal comme le postulent les penseurs néoclassiques. Rien ne garantit que nous vivons spontanément dans le meilleur des mondes.

Les limites de la rationalité

Se fonder sur son instinct ne signifie pas que les raisons sur lesquelles s’appuient les managers sont irrationnelles. En fait, ils n’ont pas le choix. En l’espèce, ce qui serait irrationnel, ce serait d’appliquer des méthodes dites « rationnelles », comme le........

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