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Les dangers de l’usage excessif des écrans, et 3 autres conseils de lecture

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21.03.2026

En tête de notre sélection cette semaine, un essai de Najat Vallaud-Belkacem qui explore des solutions à notre dépendance aux écrans et plaide pour une régulation stricte des plateformes qui accaparent notre attention.

Chaque samedi, Alternatives Economiques sélectionne pour vous des livres qui méritent d’être lus.

Cette semaine, nous vous conseillons : Sevrage numérique, par Najat Vallaud-Belkacem ; La bataille de Sciences Po, par Margaux Leridon ; Quand la propriété prive, le dernier numéro de la revue Regards croisés sur l’économie ; L’exclusion culturelle, par Victorien Bornéat.

Chaque samedi, Alternatives Economiques sélectionne pour vous des livres qui méritent d’être lus.

Cette semaine, nous vous conseillons : Sevrage numérique, par Najat Vallaud-Belkacem ; La bataille de Sciences Po, par Margaux Leridon ; Quand la propriété prive, le nouveau numéro de la revue Regards croisés sur l’économie ; L’exclusion culturelle, par Victorien Bornéat.

1/ « Sevrage numérique », par Najat Vallaud-Belkacem

On n’attendait pas l’actuelle présidente de France terre d’asile et ancienne ministre sur ce terrain. Najat Vallaud-Belkacem propose ici un vivifiant essai sur les dangers de l’usage excessif des écrans et explore les solutions possibles.

Au cours d’un cheminement à la première personne où elle s’est frottée, non sans peine, à l’exercice du sevrage, elle prend position pour une régulation stricte.

Car oui, même si les usages sont différents, les effets (sur la vision ou la sédentarité) sont les mêmes, qu’on soit sur Duolingo ou sur Insta. Et il n’en demeure pas moins que les plateformes prospèrent sur une captation de notre attention.

Les solutions techniques à mettre en place à leur niveau existent (affichage permanent du temps d’écran, transparence algorithmique…). Mais en attendant que le rapport de force au niveau européen porte ses fruits, sans doute faut-il mettre en place un usage plus raisonné (rationné) de ces appareils par la création de « sanctuaires » (les écoles, mais aussi les restaurants ou les salles de concert).

« Le numérique, c’est pas automatique », « rendons-nous plus difficiles à joindre », plaide l’ancienne responsable politique. Un livre pédagogique, engagé et très accessible. ► Céline Mouzon

Sevrage numérique. Enquête sur notre rapport aux écrans et comment nous en libérer, par Najat Vallaud-Belkacem, Tallandier, 2026, 240 p., 19,90 €.

Sevrage numérique. Enquête sur notre rapport aux écrans et comment nous en libérer, par Najat Vallaud-Belkacem, Tallandier, 2026, 240 p., 19,90 €.

2/ « La bataille de Sciences Po. Enquête au cœur de l’école du pouvoir », par Margaux Leridon

Sciences Po Paris s’est de nombreuses fois retrouvée au cœur des polémiques médiatiques et cela a donné envie à la journaliste Margaux Leridon, ancienne élève, de revenir sur les lieux de sa formation et casser un certain nombre d’idées reçues.

Ainsi, rappelle-t-elle, loin d’être de dangereux islamo-gauchistes, les élèves interrogés sur leurs personnalités politiques préférées classent Emmanuel Macron avant Jean-Luc Mélenchon. Ce sont surtout de bons élèves. Un quart se définissent comme catholiques et seuls 20 % sont issus de milieux populaires.

Quant au financement de l’institution, il provient pour un peu moins d’un tiers de la dotation du ministère de l’Enseignement supérieur, et pour le reste des droits d’inscription (plus élevés en master) et de dons. Mais l’école s’endette et l’immobilier demeure un fardeau important, remarque l’autrice en parcourant le nouveau campus. Un récit complet et vivant. ► Naïri Nahapétian

La bataille de Sciences Po. Enquête au cœur de l’école du pouvoir, par Margaux Leridon, Flammarion, 2025, 250 p., 20,90 €.

La bataille de Sciences Po. Enquête au cœur de l’école du pouvoir, par Margaux Leridon, Flammarion, 2025, 250 p., 20,90 €.

3/ « Quand la propriété prive », revue « Regards croisés sur l’économie »

Les jeunes économistes de Regards croisés sur l’économie nous livrent un excellent numéro sur les droits de propriété en mobilisant un foisonnement de spécialistes, économistes, juristes, historiens, etc. démontrant une nouvelle fois la force des approches multidisciplinaires.

Les premières contributions reviennent sur la construction politique et sociale de la notion de propriété privée exclusive, les auteurs présentant et critiquant ce qui est censé la fonder. La suite étudie les conséquences de la concentration des droits de propriété entre les mains de quelques-uns avec nombre d’analyses centrées sur l’immobilier. La dernière partie montre qu’il existe des alternatives, de la coutume aux communs en passant par les Scop.

De manière complètement subjective, signalons les contributions de Yannick Bosc, Eric Fabri, Arnaud Orain, Jean-Philippe Robé, Katharina Pistor, Arthur Jatteau, qui rendent, avec bien d’autres, ce nouvel opus de la revue fort intéressant. ► Christian Chavagneux

Quand la propriété prive. Concentration, conflictualités, alternatives, revue Regards croisés sur l’économie, La Découverte, n° 37, 2025, 268 p., 16 €.

Quand la propriété prive. Concentration, conflictualités, alternatives, revue Regards croisés sur l’économie, La Découverte, n° 37, 2025, 268 p., 16 €.

4/ « L’exclusion culturelle », par Victorien Bornéat

La moitié des collectivités locales ont baissé leur budget culturel entre 2024 et 2025 et celui du ministère de la Culture a été amputé de 150 millions d’euros l’an dernier.

Après avoir rappelé des chiffres qui reflètent les menaces pesant sur la démocratisation culturelle en France, ce livre fait son histoire longue. En 1959, pour la première fois, un ministère de plein exercice est consacré à la culture. La notion d’universalité des œuvres est alors capitale dans la décentralisation culturelle voulue par André Malraux : l’Etat organise la diffusion de la culture légitime.

Puis, en 1981, on assiste à une autre forme de décentralisation qui passe par l’élargissement vers les répertoires populaires. C’est le temps du prix unique du livre, de la Fête de la musique, du « 1 % culturel » (porter le budget de la culture à 1 % du budget de l’Etat).

Or, les inégalités persistent : les dépenses publiques culturelles en Ile-de-France s’élèvent à 200 euros par habitant, contre 22 euros en moyenne dans les autres régions.

Aussi, aujourd’hui, le « nouveau populaire » vise à sortir de l’opposition entre culture consacrée et culture assignée. L’auteur en donne de nombreux exemples. ► Naïri Nahapétian

L’exclusion culturelle. Manifeste pour une riposte populaire, par Victorien Bornéat, éditions du Faubourg-Fondation Jean Jaurès, 2026, 144 p., 10 €.

L’exclusion culturelle. Manifeste pour une riposte populaire, par Victorien Bornéat, éditions du Faubourg-Fondation Jean Jaurès, 2026, 144 p., 10 €.


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