Superprofits : trois nouvelles pistes de taxation qui pourraient rapporter plusieurs milliards à la France
Encore un trimestre exceptionnel pour TotalEnergies. Dans le sillage de la guerre israëlo-américaine en Iran et de ses conséquences sur les prix du pétrole, le géant français de l’or noir avait déjà affiché deux trimestres particulièrement profitables pour commencer 2026. Le troisième est du même acabit, avec 8,3 milliards de dollars de bénéfices. De quoi relancer une nouvelle fois le débat sur la taxation des superprofits, à laquelle le gouvernement se refuse jusque-là.
Définir et taxer ces profits n’est pas chose aisée, mais c’est possible : l’Institut Veblen publie ce jour un mode d’emploi en trois pistes, applicables immédiatement par la France et/ou l’Europe. Selon l’option retenue, les recettes iraient de 600 millions à presque 3 milliards d’euros pour l’Hexagone, et de 6,1 à 22 milliards pour l’Union européenne, estime Madeleine Péron, responsable de programme à l’Institut et autrice de la note.
Depuis les bombardements américano-israéliens sur l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, le baril a grimpé et, avec lui, les prix à la pompe : le diesel coûte aujourd’hui environ 2,30 euros le litre, contre 1,6 en début d’année. L’explication ne vient pas d’une augmentation des coûts de production : ceux qui sont liés à l’extraction, au raffinage et au transport n’ont pas progressé dans ces proportions. C’est la disparition d’environ 20 % de l’offre mondiale, face à une demande inchangée, qui fait mécaniquement grimper les prix.
Des prix qui flambent d’un côté, des coûts de production globalement stables de l’autre… la conséquence est mathématique : les bénéfices des producteurs s’envolent. Ces profits d’aubaine ne viennent pas récompenser des efforts ou des investissements particuliers de l’entreprise. TotalEnergies a ainsi engrangé 19,5 milliards de dollars depuis le début de l’année contre 10,3 milliards sur la même période en 2025. Il n’existe pas de définition consensuelle du seuil, mais les superprofits sont bien là.
« Comment sortir des crises énergétiques à répétition ? », Madeleine Péron, Institut Veblen, 24 mars 2026.
« Comment sortir des crises énergétiques à répétition ? », Madeleine Péron, Institut Veblen, 24 mars 2026.
Ils sont cependant difficiles à taxer, principalement car les activités les plus........
