La crise énergétique expose les vulnérabilités du Sud
Frappés par la flambée des prix du pétrole, les pays en développement cherchent à réduire leur dépendance en diversifiant leurs approvisionnements et leur production d'énergie.
Si la hausse de l'énergie liée à la guerre au Moyen-Orient et au blocage du détroit d'Ormuz fait mal au portefeuille des Français, les répercussions sont encore pires pour les populations des pays en développement. Dans les jours qui ont suivi les premières frappes israéliennes et américaines, les prix du Brent ont flambé de 20 % à 35 % et celui du GNL de près de 50 %, avec de lourdes conséquences sur les achats du quotidien…
Si la hausse de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz fait mal au portefeuille des Français, les répercussions sont encore pires pour les populations des pays en développement. Dans les jours qui ont suivi les premières frappes israéliennes et américaines, les prix du Brent ont flambé de 20 % à 35 % et celui du GNL de près de 50 %, avec de lourdes conséquences sur les achats du quotidien.
Principal destinataire des hydrocarbures du Golfe, l’Asie subit la crise énergétique de plein fouet.
« En Inde, par exemple, les foyers modestes utilisent du gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour cuisiner », indique David Laborde, directeur du service « économie des systèmes agroalimentaires » à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
« En Inde, par exemple, les foyers modestes utilisent du gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour cuisiner », indique David Laborde, directeur du service « économie des systèmes agroalimentaires » à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Environ 60 % du GPL consommé par les Indiens est importé, si bien que le gouvernement a dû organiser un rationnement pour éviter une pénurie. Le pays est aussi le quatrième importateur mondial de GNL, dont les usages industriels ont été restreints par décret au profit des ménages, le pays ne disposant que de très peu de réserves. Les ruptures d’approvisionnement se font également sentir sur la mobilité. Privé de carburant, le Bangladesh plafonne les pleins à 2 litres par moto.
Tributaires des engrais
Sur le plan alimentaire, les tensions sont d’abord régionales. Les pays du Golfe, qui importent jusqu’à 90 % de leur approvisionnement en céréales, peinent à se ravitailler. Plus largement, le conflit perturbe l’acheminement de l’aide humanitaire, dont les délais de livraison et les coûts explosent, notamment vers le Soudan et la Somalie.
« A l’échelle mondiale, il........
