Peter Thiel, le technofasciste au cœur du trumpisme
Le 26 janvier 2026, la très officielle Académie des sciences morales et politiques recevait discrètement à Paris Peter Thiel, un des plus célèbres entrepreneurs de la tech américaine. Le cofondateur de PayPal, de Facebook et de Palantir surprit quelque peu les auditeurs qui ne le connaissaient que de loin, car au lieu de discourir comme convenu sur « l’avenir de la démocratie », il s’engagea dans une harangue sur l’Apocalypse, œuvre célèbre mais obscure de l’évangéliste Jean, annonçant des fins dernières.
« Les passages étranges, voire exceptionnels, de la Bible qui traitent de l’Antéchrist peuvent nous aider à comprendre le sens de cette période étrange, voire exceptionnelle, que nous traversons, et ce que l’avenir nous réserve », affirmait-il devant un public médusé.
« Les passages étranges, voire exceptionnels, de la Bible qui traitent de l’Antéchrist peuvent nous aider à comprendre le sens de cette période étrange, voire exceptionnelle, que nous traversons, et ce que l’avenir nous réserve », affirmait-il devant un public médusé.
Trois mois plus tard, Thiel tente de réitérer cette cérémonie à Rome. Mais dans la capitale du catholicisme, on se méfie des faux prophètes. Il est donc tenu loin du Vatican par l’entourage de Léon XIV, qui s’apprêtait à publier son encyclique Magnifica Humanitas. Le combat est frontal entre l’Eglise qui appelle à « désarmer l’intelligence artificielle » et celui que Paolo Benanti, conseiller IA du Pape, qualifie « d’entrepreneur théologico-politique radical, obstiné et élaboré. » Autant dire une sorte d’hérétique, l’obstination étant une marque du diable bien connue des théologiens…
Jusqu’à récemment, Thiel n’était pas connu de ce côté de l’Atlantique pour ses élucubrations sur la venue de l’Antéchrist. Il était plutôt présenté comme un des investisseurs les plus avisés de la Silicon Valley, qui avait su faire les bons deals dans la tech, au bon moment, faisant grossir son capital grâce aux achats puis reventes des actions de sociétés prometteuses comme PayPal, puis Facebook, Airbnb, Spotify, Lyft, SpaceX, et amassant une fortune estimée à 28,9 milliards de dollars en 2026 selon le classement du magazine Forbes. Dès 2014, il avait fait de sa réussite un livre, Zero to One : Notes on Startups, or how to Built the Future. (Virgin Books 2014).
Provocateur de droite
Et pourtant, Thiel n’est pas un ingénieur du numérique. Né en Allemagne en 1967, il a passé une partie de sa jeunesse en Afrique du Sud où son père, ingénieur........
