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Des chauffeurs indépendants ou salariés ? L’Urssaf menace le modèle Uber

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07.04.2026

L'Urssaf réclame 1,7 milliard d'euros à Uber pour travail dissimulé. La procédure, inédite par son ampleur, vise le modèle des plateformes dans son ensemble. Uber en semble bien conscient.

La somme représente 17 % des bénéfices mondiaux d’Uber en 2025. Le 2 février dernier, la Revue 21 a dévoilé une lettre datant de décembre 2024, dans laquelle l’Urssaf, organisme chargé de collecter et de redistribuer les cotisations sociales, réclame 1,7 milliard d’euros au géant des VTC et de la livraison. Dans le détail, 1,2 milliard d’euros de cotisations sont dus par Uber pour la période 2019-2022, ainsi que 512 millions d’euros de majorations de redressement.

L’entreprise est accusée d’avoir « maquillé sciemment une… 

La somme représente 17 % des bénéfices mondiaux d’Uber en 2025. Le 2 février dernier, la Revue 21 a dévoilé une lettre datant de décembre 2024, dans laquelle l’Urssaf, organisme chargé de collecter et de redistribuer les cotisations sociales, réclame 1,7 milliard d’euros au géant des VTC et de la livraison. Dans le détail, 1,2 milliard d’euros de cotisations sont dues par Uber pour la période 2019-2022, ainsi que 512 millions d’euros de majorations de redressement.

L’entreprise est accusée d’avoir « maquillé sciemment une relation salariale en contrat d’entreprise pour échapper à ses obligations d’employeur », et « fraudé la loi en dissimulant l’emploi des chauffeurs ». Toujours selon la Revue 21, une enquête préliminaire aurait été ouverte par le parquet de Paris pour des faits de « travail dissimulé ».

De quoi faire vaciller les fondements de l’équilibre économique du modèle Uber ?

Les trois pouvoirs de l’employeur

Le débat sur le statut des travailleurs des plateformes n’est pas nouveau. Dès l’implantation d’Uber en France, la question de savoir si un lien de subordination existait entre le chauffeur VTC et la plateforme se posait. Si la réponse est non, le travailleur a bien un statut d’indépendant. Si la réponse est oui, il peut être requalifié en salarié, et ainsi percevoir des droits liés (salaire, congés, assurance chômage, etc.). Trois pouvoirs cumulatifs, émanant de l’employeur, permettent de caractériser le lien de subordination : donner des ordres et des directives, contrôler le travail, et sanctionner en cas de manquement.

Cette « indépendance » des livreurs est essentielle pour Uber, car son modèle économique, consistant à déléguer au travailleur l’ensemble des coûts de son activité, repose essentiellement sur ce statut.

« Pour les plateformes de livraison et de transport, faire travailler ses chauffeurs en tant........

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