Publications scientifiques : toujours plus d’économistes, toujours moins de place dans les revues qui comptent
Jamais les économistes n’ont été aussi nombreux à publier. Mais jamais une aussi petite minorité n’a concentré une part aussi importante des publications les plus prestigieuses. C’est le paradoxe mis au jour par une vaste étude de Ricardo Dahis portant sur 596 revues académiques entre 1990 et 2025 : la profession s’est élargie, mais elle a, selon la formule de l’auteur, « grandi vers le bas ».
Les chiffres sont impressionnants. Le nombre d’économistes ayant publié au moins un article est passé en 25 ans de 10 751 à 60 521, soit une multiplication par 5,6. Mais, pendant cette même période, le nombre d’articles publiés dans les revues situées au sommet de la hiérarchie, le « top 5 » de la profession, n’a augmenté que de 30 %.
La science économique a donc accueilli des dizaines de milliers de nouveaux chercheurs, sans ouvrir proportionnellement les portes de ses lieux de consécration, décisifs pour les carrières. En 2025, 95,9 % des nouveaux entrants publient en dehors de la catégorie supérieure des revues, contre 82,9 % en 1990.
Une élite qui fonctionne en réseau
Pour aller plus loin, Dahis a regardé ce que chaque économiste arrive à publier sur une période glissante de cinq ans en lui attribuant des crédits de publication. Un........
