Les tensions sur la dette française sont-elles accentuées par des spéculateurs ?
Depuis plusieurs semaines, les taux d’intérêt sur la dette publique française n’arrêtent pas de grimper : alors qu’ils ne pointaient qu’autour de 3,7 % sur les emprunts à 10 ans début juillet, ils s’élèvent désormais à 4,9 %. Et la fin de la semaine dernière a été particulièrement tendue avec un court passage au-dessus de 5 %. La France fait-elle désormais face à des manœuvres spéculatives contre sa dette ? La réponse est oui.
Rappelons tout d’abord que plusieurs facteurs macroéconomiques poussent à la hausse des taux d’intérêt sur les dettes publiques européennes en général : un effet de contagion de la montée des taux aux Etats-Unis, la concurrence des entreprises de l’IA qui empruntent à tour de bras, une Banque centrale européenne (BCE) qui durcit sa politique monétaire et pousse les taux à la hausse…
S’ajoute, dans le cas spécifique de la France, une succession de plusieurs années de déficits budgétaires à plus de 5 % du produit intérieur brut (PIB) – ce qui fait augmenter la dette rapidement – ainsi qu’une Assemblée nationale bloquée depuis la dissolution ratée de 2024 et une élection à venir au résultat incertain.
Dans ces conditions, mieux vaut avoir des créanciers de long terme qui ne réagissent pas au moindre soubresaut de l’actualité. Pas de chance, dans son dernier rapport sur la stabilité financière, la Banque de France explique que les mauvaises nouvelles sur le marché obligataire souverain français sont désormais « potentiellement amplifiées par des acteurs aux stratégies d’investissement de court terme et procycliques, tels que les fonds spéculatifs ».
Le poids croissant des fonds spéculatifs
D’autres experts confirment l’analyse de l’institution. A........
