L’injustice fiscale, carburant de la Révolution française
Au cours des années précédant le soulèvement de 1789, la contestation de l’Ancien Régime était fortement corrélée à un puissant sentiment d’injustice face à l’impôt et aux taxes, indique l’étude de trois économistes.
De Georges Lefebvre à Albert Soboul, d’Ernest Labrousse à Michel Vovelle, les grands historiens de la Révolution française ont, depuis longtemps, mis en avant un suspect pour contribuer à expliquer l’évènement : l’impôt. Trop lourd, trop inégal, trop injuste. Bref, inflammable.
Trois économistes – Tommaso Giommoni (université d’Amsterdam), Gabriel Loumeau (université de Neuchâtel) et Marco Tabellini (Harvard) – ont voulu vérifier si cette intuition pouvait se mesurer. Peut-on, chiffres à l’appui, établir…
De Georges Lefebvre à Albert Soboul, d’Ernest Labrousse à Michel Vovelle, les grands historiens de la Révolution française ont, depuis longtemps, mis en examen un suspect principal pour expliquer l’événement : l’impôt. Trop lourd, trop inégal, trop injuste. Bref, inflammable.
Trois économistes – Tommaso Giommoni (université d’Amsterdam), Gabriel Loumeau (université de Neuchâtel) et Marco Tabellini (Harvard) – ont voulu vérifier si cette intuition pouvait se mesurer. Peut-on, chiffres à l’appui, établir un lien entre pression fiscale et montée des révoltes avant 1789 ? Leur étude, tout juste publiée, répond par l’affirmative. L’occasion, au passage, d’éclairer le système fiscal français de l’Ancien Régime.
Le poids des impôts indirects
À la veille de la Révolution, près de 60 % des recettes de la monarchie proviennent d’impôts indirects. Autrement dit, des taxes prélevées sur la consommation plutôt que sur le revenu ou la richesse. Les........
